La diversité des adaptations des animaux aux environnements dans lesquels ils vivent est vraiment étonnante. Aujourd'hui, on va se pencher sur le cas du lièvre arctique (Lepus arcticus), une espèce qui peut vivre dans la toundra arctique et dans un froid extrême, avec des températures avoisinant les -25°C. Les lièvres arctiques sont très importants dans ces écosystèmes, à la fois comme disperseurs de graines et comme proies pour de nombreux carnivores indigènes. Si vous voulez connaître les caractéristiques du lièvre arctique, où il vit et ce qu'il mange, poursuivez la lecture de cet article de ProjetEcolo !
Caractéristiques du lièvre arctique
Les lièvres arctiques appartiennent à la même famille que les lapins (Leporidae) et ça voit car ils leur ressemblent beaucoup. La différence est que les lièvres sont plus grands, qu'ils ont des oreilles plus courtes et qu'ils peuvent vivre dans des endroits extrêmement froids.
Certaines des caractéristiques du lièvre arctique ou Lepus arcticus sont :
- C'est un mammifère lagomorphe : comme nous l'avons dit, ils sont de la même famille que les lapins. À une époque, il était considéré comme une sous-espèce du lièvre variable, bien qu'il s'agisse aujourd'hui d'espèces distinctes. Il est intéressant de noter que cette distinction a été faite grâce aux avancées en génétique.
- Il existe 4 sous-espèces de lièvre arctique : L. arcticus arcticus arcticus, L. arcticus bangsii, L. arcticus groenlandicus et L. arcticus monstrabilis. Chacune de ces sous-espèces présente des adaptations uniques à son environnement spécifique.
- La couleur du pelage peut changer et elle dépend de la zone de distribution et de la période de l'année. En hiver, le corps a un long, épais, doux et complètement blanc manteau qui lui permet de se camoufler dans la neige. En été, son pelage passe à une couleur gris-brun ou gris-bleu, plus proche de la terre. Tout au long de l'année, le ventre est plutôt brunâtre et le bout des oreilles est noir, peut-être pour rester au chaud. Ce changement de couleur saisonnier est une stratégie de survie vitale, car il réduit la probabilité d'être repéré par des prédateurs.
- Il a un épais manteau de fourrure : un isolant supplémentaire contre le froid. Cette fourrure dense est essentielle pour maintenir la température corporelle dans des climats où les vents glacials sont courants.
- On ne dispose pas de suffisamment d'informations sur la durée de vie d'un lièvre arctique : à l'état sauvage, beaucoup affirment qu'il peut vivre de 3 à 5 ans. La reproduction en captivité de cette espèce n'a pas été un succès. Les efforts pour étudier leur comportement en captivité ont cependant contribué à mieux comprendre leurs besoins écologiques.
- Son corps est composé de 20% de graisse : et elle agit comme un isolant. Cette réserve de graisse joue aussi un rôle crucial lors de périodes de pénurie alimentaire.
- Il creuse des trous sous le sol : à la recherche de températures légèrement plus chaudes et moins froides. Ces abris temporaires protègent également les lièvres des prédateurs.
Où vit le lièvre arctique ?
Où vit le lièvre arctique ? Le lièvre arctique est distribué dans les régions septentrionales du Groenland et du Canada, notamment sur l'île d'Ellesmere, à Terre-Neuve et au Labrador. On peut le trouver à des altitudes allant jusqu'à 900 mètres.
Au moment de la période de reproduction, le territoire qu'il occupe s'élargit, surtout pour le mâle, qui se déplace à la recherche d'une compagne. Cette expansion territoriale est cruciale pour accroître les chances de reproduction et pour éviter la consanguinité.
Il habite les zones montagneuses de la toundra, les plateaux rocheux et les côtes dépourvues d'espèces d'arbres. Il est adapté aux climats très froids et aux précipitations verglaçantes, où la température quotidienne moyenne est de -26,9°C et les chutes de neige moyennes de 37,5 cm. Ces conditions extrêmes nécessitent des adaptations physiologiques et comportementales spécifiques pour survivre.
Parce que son corps est composé à 20 % de graisse, qu'il possède un épais manteau de fourrure et qu'il peut creuser des trous dans le sol, le lièvre arctique peut survivre dans ces endroits froids. D'autre part, sa capacité à se déplacer rapidement dans la neige lui permet d'échapper aux prédateurs.
Alimentation du lièvre arctique
Le Lepus arcticus est principalement herbivore et il utilise ses longues griffes pour creuser dans la neige à la recherche de nourriture. Il se nourrit d'espèces ligneuses telles que la saxifrage, la myrtille et le saule nain (95 % de son alimentation). Ces plantes ligneuses sont essentielles pour subvenir à ses besoins nutritionnels en hiver.
Vers l'été, son régime alimentaire se diversifie et le lièvre inclut d'autres espèces végétales, des lichens, des mousses, des fleurs, des feuilles, des branches, des racines et des macroalgues. Il se nourrit aussi occasionnellement de viande, comme de certains poissons et de petits animaux, notamment ceux que les chasseurs placent dans des pièges. Cette flexibilité alimentaire est cruciale pour sa survie, car elle lui permet de s'adapter aux variations saisonnières de la disponibilité alimentaire.
Le lièvre arctique mange aussi de la neige. Oui, vous avez bien lu, ils ingèrent de la neige pour consommer de l'eau. Cette pratique est vitale dans un environnement où l'eau liquide est rare.
Comportement du lièvre arctique
Quand il est hors de sa période de reproduction, le lièvre arctique est un animal nocturne et solitaire. Toutefois, on a déjà vu des hardes de lièvres composés de plus de 100 membres dans lesquels, chacun leur tour, les lièvres se relaient pour se reposer et faire le guet. Ce comportement collectif est une stratégie efficace pour détecter et éviter les prédateurs.
C'est un animal terrestre qui se déplace en sautant et qui, en courant, est capable d'atteindre des pointes de vitesse de 64 km/h. C'est aussi un excellent nageur. Sa vitesse et son agilité sont des atouts majeurs pour échapper aux prédateurs.
Il a une particularité : lorsqu'il se sent menacé, il se déplace avec ses deux pattes arrière et une seule patte avant, ne laissant que trois traces sur son passage, s'agit-il d'une technique pour semer les prédateurs ? Personne ne le sait... De plus, afin de se reposer ou se nourrir, il creuse des trous sous le sol ou la neige, où les températures sont plus chaudes. Ces tactiques lui permettent de réduire les risques d'attaque tout en conservant son énergie.
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Reproduction du lièvre arctique
Le lièvre arctique a un seul partenaire par saison de reproduction (entre l'été et le printemps). Une fois que la femelle a mis bas, le mâle s'éloigne généralement à la recherche d'une nouvelle compagne, laissant à la mère le soin de s'occuper des jeunes. Cette stratégie reproductive permet d'accroître les chances de survie des petits en les éloignant des dangers potentiels.
Ces animaux atteignent la maturité sexuelle à l'âge de 315 jours, c'est-à-dire au printemps qui suit immédiatement leur naissance. Le mâle doit courtiser la femelle par contact physique, un moment légèrement violent car il peut finir par la griffer. Une fois accouplés, ils resteront ensemble jusqu'à la naissance de la progéniture. La femelle a une période de gestation d'environ 50 jours et donne généralement naissance à une portée par an. Cette dernière comprend entre 2 à 8 petits. Il convient de noter que ces petits naissent avec un pelage leur permettant de résister aux températures glaciales du nord.
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- Betzler B. Lepus arcticus, Arctic hare. Disponible en: https://animaldiversity.org/accounts/Lepus_arcticus/
- Integrated Taxonomic Information System. Disponible en: https://www.itis.gov/
- Lepus arcticus. Disponible en: https://www.mindat.org/taxon-2436696.html
- UICN. Disponible en:https://www.iucnredlist.org/fr/species/41274/45185887