Bioremédiation - Définition et exemples

Bioremédiation - Définition et exemples

Il est de notoriété publique que nos activités quotidiennes génèrent des déchets qui ont un impact sur l'environnement. Et cela concerne aussi bien le sol dans lequel nous cultivons que les aliments que nous consommons, l'eau que nous buvons ou même l'air que nous respirons. En bref, la pollution environnementale est une menace pour notre propre bien-être.

Heureusement, les scientifiques et les chercheurs ont développé des techniques pour tenter d'assainir les environnements endommagés par la pollution. L'une de ces techniques, c'est la biorémédiation. En avez-vous déjà entendu parler ? Si vous voulez tout savoir sur ce procédé issu de la biotechnologie, ne manquez pas cet article de ProjetEcolo dans lequel nous développerons tout sur la bioremédiation.

Qu'est-ce que la bioremédiation

Commençons par la définition de la biorémédiation. La biorémédiation se définit comme tout processus biotechnologique utilisant des organismes pour dépolluer un environnement contaminé, qu'il soit terrestre ou aquatique.

Donc, si vous vous demandez ce qui est utilisé pour la bioremédiation, la réponse est simple : des organismes vivants. Cependant, tous les organismes vivants ne peuvent pas être utilisés pour la bioremédiation de l'environnement. En effet, les organismes sont choisis en fonction de leurs qualités pour immobiliser, minéraliser ou dégrader les composés polluants et une attention particulière est accordée à leurs enzymes. En général, les organismes les plus couramment utilisés dans les processus de bioremédiation sont les bactéries, les champignons et les plantes. Parfois, les organismes sont génétiquement modifiés afin que leurs qualités se rapprochent de celles nécessaires à la bioremédiation.

Il est également crucial de comprendre que la bioremédiation ne repose pas uniquement sur l'action des organismes vivants. Il s'agit également d'un processus qui peut être influencé par divers facteurs environnementaux tels que la température, le pH et la disponibilité des nutriments. Ces facteurs doivent être optimisés pour garantir l'efficacité maximale des organismes utilisés.

Types de bioremédiation

La bioremédiation est si complexe qu'elle peut être classée en plusieurs types selon les critères choisis. Voici trois types de classification de la bioremédiation.

En fonction de la stratégie de bioremédiation

  • Biostimulation. Ce type de stratégie de bioremédiation tire parti des particularités des organismes déjà présents dans le sol ou la masse d'eau à traiter et cherche à adapter les conditions environnementales pour favoriser leur développement et la dégradation des polluants qui en découle. En résumé, la biostimulation consiste à incorporer des nutriments ou à modifier des variables environnementales telles que le pH du sol ou de l'eau.
  • Bioaugmentation. Cette autre stratégie de bioremédiation consiste à incorporer dans un environnement pollué des organismes ayant la capacité de dégrader des composés. De cette façon, le processus d'assainissement est optimisé.
  • Bioventing. Cette technique consiste à aérer le sol ou l'eau polluée pour stimuler l'activité des micro-organismes natifs, accélérant ainsi la dégradation des contaminants.

En fonction de l'endroit où se fait la bioremédiation

  • Bioremédiation in situ. Les techniques de bioremédiation in situ sont celles qui sont réalisées à l'endroit même où se trouve le polluant, sans qu'il soit nécessaire de déplacer le substrat. Elle est généralement utilisée lorsque la contamination concerne un très grand volume d'eau ou de sol.
  • Bioremédiation ex situ. Il s'agit de techniques de bioremédiation où l'eau ou le sol contaminé est extrait et traité dans des installations spécifiques à cet effet. Contrairement à la précédente, cette technique est utilisée pour les petits volumes.
  • Biopile. Cette technique consiste à former des piles de sol contaminé qui sont ensuite traitées par des micro-organismes. Cela permet de mieux contrôler les conditions environnementales et d'optimiser le processus de dégradation.

En fonction des organismes utilisés pour la bioremédiation

  • Dégradation enzymatique. Cette technique fait référence à l'utilisation exclusive d'enzymes pour assainir un environnement pollué.
  • Bioremédiation microbienne. Dans ce cas, il s'agit de l'utilisation de bactéries et de champignons pour assainir le site contaminé. On recherche des espèces capables de métaboliser les composés polluants.
  • Phytoremédiation. Dans ce cas, la bioremédiation est réalisée exclusivement par les plantes. Il existe plusieurs types de phytoremédiation en fonction des qualités des plantes : certaines sont capables de dégrader les composés, d'autres de les immobiliser dans leurs feuilles, etc.

Exemples de bioremédiation

La bioremédiation est généralement utilisée pour assainir des environnements qui ont été pollués par des hydrocarbures, comme le pétrole, les pesticides, les métaux lourds, les déchets d'origines diverses, etc.

  • La présence de métaux lourds dans l'eau et le sol a de graves répercussions sur la santé. Les plantes sont capables d'extraire les métaux lourds des substrats en les adsorbant. Parmi les exemples d'espèces végétales utilisées pour l'assainissement des environnements pollués par des métaux lourds, nous pouvons citer Thlaspi caerulescens, qui adsorbe le cadmium et Chrysopogon zizanioides, qui adsorbe le zinc et le plomb. Vous trouverez ici plus d'informations pour lutter contre la pollution de l'eau.
  • Le champignon Pycnoporus sanguineus est également très efficace pour adsorber les métaux lourds en solution aqueuse, en particulier le plomb, le cadmium et le cuivre. En outre, cette espèce fongique pourrait être utilisée pour la bioremédiation des sols, en particulier des sols pollués par des déversements de pétrole, car elle est capable de se développer sur ce composé et de tolérer des températures élevées.
  • Pour poursuivre avec les exemples de micro-organismes utilisés dans la bioremédiation, les cyanobactéries et les algues vertes présentent des caractéristiques propices à la biodégradation d'hydrocarbures. Des études ont démontré la capacité des cyanobactéries appartenant au genre Spirulina à dégrader des composés spécifiques du pétrole. Nous vous recommandons d'en apprendre davantage à leur sujet en lisant cet article sur les cyanobactéries : définition, caractéristiques et exemples.
  • Enfin, il convient de mentionner l'utilisation de micro-organismes comme Pseudomonas putida, une bactérie connue pour sa capacité à dégrader des solvants organiques toxiques. Ce type de bioremédiation microbienne est particulièrement efficace dans les sites industriels où les polluants chimiques sont présents en grande quantité. Ces bactéries peuvent transformer les composés toxiques en substances moins nocives, contribuant ainsi à la restauration des écosystèmes.

Avantages et inconvénients de la bioremédiation

Dans ce paragraphe, nous allons aborder les avantages et les inconvénients de la biorémédiation.

Avantages de la biorémédiation

  • Cela revient moins cher que les autres traitements physico-chimiques.
  • Ce sont des techniques simples.
  • Il s'agit d'une technologie peu invasive, qui ne génère pas de déchets et qui est donc respectueuse de l'environnement.
  • Elle nécessite peu d'énergie.
  • Elle peut être utilisée en complément d'autres techniques.
  • La biorémédiation permet la restauration des habitats naturels et la protection de la biodiversité en réduisant l'impact des polluants sur la faune et la flore locales.

Inconvénients de la biorémédiation

  • Contrairement à d'autres traitements, la biorémédiation demande de plus longues périodes de temps pour obtenir les résultats escomptés.
  • Il est difficile de prévoir le fonctionnement complet du traitement.
  • Les polluants ne sont pas complètement éliminés, il en reste toujours une infime quantité dans l'environnement.
  • Ce n'est pas un procédé envisageable lorsque les concentrations de polluants sont très élevées.
  • Les conditions optimales pour la bioremédiation peuvent être difficiles à maintenir, surtout dans des environnements extrêmes où les températures ou le pH ne sont pas favorables à l'activité des micro-organismes.

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Bibliographie
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