Allélopathie : Définition, types et exemples

Allélopathie : Définition, types et exemples

Un phénomène que beaucoup de gens ignorent est que les organismes situés à proximité les uns des autres ont la capacité de communiquer ou d'interagir entre eux grâce à certains composés chimiques. C'est ce qu'on appelle l'allélopathie et, pour illustrer ce concept, on pourrait vous parler de la claire relation entre des plantes très proches les unes des autres dans un verger. C'est ce qu'on appelle l'association de cultures et elle est également utilisée pour la lutte biologique contre les parasites des plantes.

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Qu'est-ce que l'allélopathie - Définition

La définition simple de l'allélopathie est : il s'agit d'un phénomène biologique dans lequel un organisme génère des composés biochimiques qui influencent la survie, la croissance ou la reproduction d'autres organismes. Ces composés peuvent avoir des effets bénéfiques (allélopathie positive) ou néfastes (allélopathie négative) sur les organismes récepteurs. Ces composés comprennent des composés aliphatiques tels que des acides ou des alcools, des lipides, des acides gras, des terpènes ou des composés aromatiques. La libération des composés peut se faire sous forme volatile, via des lixiviats ou des exsudats de racines. L'effet de l'allélopathie n'est jamais complètement mauvais ou bon, mais il varie en degrés selon les caractéristiques des organismes impliqués.

Dans le domaine de l'agriculture biologique, ce phénomène est largement exploité pour protéger les cultures contre certains insectes ou ravageurs. Par exemple, des plantes aromatiques sont souvent placées à proximité des cultures vulnérables, comme l'herbe de grâce près des cultures de pommes de terre.

De nombreux produits naturels sont valorisés pour leurs propriétés biologiques en tant que pesticides, herbicides, inhibiteurs ou stimulants de croissance, et antibiotiques. Les effets de ces produits sont variés, allant de l'inhibition de la germination à la stimulation de la croissance des plantes voisines, en passant par la prévention des attaques d'insectes et d'animaux mangeurs de feuilles, ou encore la protection contre les virus, bactéries et champignons nuisibles. Ces produits naturels représentent un pilier fondamental des mécanismes de défense des plantes et ont l'avantage d'être biodégradables. En outre, il convient de noter que les recherches actuelles mettent en lumière l'importance de l'allélopathie dans l'amélioration de la résilience des écosystèmes agricoles face aux changements climatiques.

Types d'allélopathie

Parmi les divers types d'allélopathie, on distingue ceux qui se produisent chez les arbres fruitiers, connus sous le nom de autotoxicité ou autoallélopathie, et ceux entre les espèces de plantes herbacées et les espèces fruitières, appelés hétérotoxicité.

La lutte biologique grâce aux plantes est une pratique ancienne en agriculture pour repousser ou attirer les insectes, les vers et autres agents pathogènes. Les plantes fréquemment utilisées incluent les plantes aromatiques, les légumes, les plantes médicinales et les "mauvaises herbes". Parmi les types de lutte biologique contre les parasites, on retrouve les plantes répulsives, les plantes compagnes, ou les cultures pièges.

Plantes compagnes

Les plantes compagnes offrent d'immenses bienfaits mutuels à d'autres plantes. Ces bienfaits peuvent influer sur la germination des graines, le développement et la croissance, ainsi que sur la saveur et l'arôme des cultures. Afin que les substances émises soient absorbées efficacement, les plantes compagnes doivent être semées à proximité des cultures. Par exemple, la présence d'orties à côté de plantes aromatiques peut améliorer considérablement la qualité aromatique de ces dernières. À cet égard, l'association des plantes compagnes est une stratégie essentielle pour optimiser la productivité et la qualité des récoltes.

Plantes répulsives

Ces plantes possèdent un arôme particulier qui permet de tenir les insectes à distance des cultures. Certaines plantes ciblent un type spécifique d'insecte, tandis que d'autres ont un effet plus général. Elles peuvent être semées dans le champ ou autour, formant ainsi une barrière protectrice. La zone d'influence de ces plantes est d'environ 10 mètres. En outre, il a été démontré que l'odeur de ces plantes peut également affecter positivement le comportement d'autres organismes bénéfiques, comme les pollinisateurs, renforçant ainsi leur rôle dans l'écosystème agricole.

Cultures pièges

Ces plantes attirent les insectes nuisibles loin de la culture principale. Elles sont plantées autour du périmètre de la culture à protéger ou entre les autres plantes, afin de concentrer les parasites, puis de les piéger et les éliminer. Elles peuvent également favoriser l'élevage de prédateurs ou de parasites des ravageurs qui affectent le jardin. En plus, certaines cultures pièges ont la capacité d'améliorer la biodiversité du sol, ce qui contribue à renforcer la santé globale de l'écosystème agricole.

Exemples d'allélopathie

Voici quelques exemples de plantes utilisées pour l'allélopathie :

Plantes compagnes

  • Ail avec oignons, fraises, laitue ou tomates.
  • Le céleri avec les choux, les haricots, les poireaux ou les tomates.
  • Poivrons avec aubergines, persil, tomates ou laitue.
  • Pommes de terre avec l'ail, le souci officinal, aux haricots ou au céleri.
  • Oignons avec betteraves, concombres, tomates ou carottes.
  • Tomates avec ail, basilic, poireaux ou carottes.

Plantes répulsives

  • Le basilic agit comme un répulsif contre les tétranyques, les aleurodes et les pucerons.
  • La menthe repousse les fourmis, les aleurodes et les souris.
  • L'origan repousse les fourmis, les mouches et les pucerons.
  • La sauge repousse les papillons du chou, les aleurodes ou les pucerons.

Cultures pièges

  • L'aneth attire les vers de terre.
  • Le lierre attire les insectes et les tétranyques.
  • La moutarde attire les asticots des feuilles.
  • Le tabac attire les aleurodes.
  • Le trèfle attire les mouches du chou.
  • L'Herbe de grâce attire les mouches et les mites.

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